Dieu, l'Homme, la Femme et le serpent

Dieu, l'Homme, la Femme et le serpent

 

 

La Genèse, premier livre de la Bible, est souvent considérée comme l’explication naïve des origines de l’humanité, des causes de ses tribulations. A cet égard, la vision moderne n’a guère progressé sur la lecture médiévale, favorisant sa tombée en désuétude par une succession caractéristique de contresens, de dérapages linguistiques, d’assimilations abusives aboutissant toujours à une grossière et pragmatique vision des faits.


Notre relecture se fonde sur un dégagement systématique de toute considération d’ordre moral ou religieux et, d’un point de vue méthodologique, sur une attention scrupuleuse apportée à la constitution des mots et des images, un recours incessant à l’étymologie, une méfiance envers les réflexes culturels de la pensée. De cette manière, nous espérons avoir abordé le texte avec la neutralité nécessaire qu’exige la compréhension de son sens métaphysique. L’important était de se demander en quoi ce mythe nous concerne encore, en quoi peut-il éclairer aujourd’hui notre vision du monde.

Commentaire : Ne se basant que sur les mots, ne prenant en compte que les lettres mêmes, leurs fonctions mais surtout leurs valeurs, est-il possible de donner un nouveau sens à une œuvre pluriséculaire et sacrée? C’est le choix osé, c’est le pari même de Dominique Viseux qui, dans ce nouvel essai, analyse les trois premiers chapitres de la Genèse, verset par verset, et nous offre le fruit de ses recherches

Editions Publibook ; Paris, 2006
ISBN 27483264-4
http://www.publibook.com
156 pages

Version papier : 18 €
Version PDF : 8.99 €
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Introduction :

L’ambition de cette étude était de proposer une autre lecture de la Genèse hébraïque et, à travers celle-ci, une vision rigoureuse et approfondie du mythe fondateur de la culture judéo-chrétienne.
La Genèse (Genesis, suivant la traduction des Septante ; Beréshit ou Entête, en hébreu), premier livre de la Bible, est souvent considérée comme l’explication naïve des origines de l’humanité, des causes de ses tribulations. A cet égard, la vision moderne n’a guère progressé sur la lecture médiévale, favorisant sa tombée en désuétude par une succession caractéristique de contresens, de dérapages linguistiques, d’assimilations abusives aboutissant toujours à une grossière et pragmatique vision des faits.
Notre relecture se fonde sur un dégagement systématique de toute considération d’ordre moral ou religieux et, d’un point de vue méthodologique, sur une attention scrupuleuse apportée à la constitution des mots et des images, un recours incessant à l’étymologie, une méfiance envers les réflexes culturels de la pensée. De cette manière, nous espérons avoir abordé le texte avec la neutralité nécessaire qu’exige la compréhension de son sens métaphysique. L’important était de se demander en quoi ce mythe nous concerne encore, en quoi peut-il éclairer aujourd’hui notre vision du monde.
Le texte de la Genèse, principalement dans ses trois premiers chapitres qui font l’essentiel de cette étude, est constitué de mots clés véhiculant des symboles, assez semblables à certains égards à des hiéroglyphes ou à des idéogrammes. Pour le décrypter, une méthode de travail a été adoptée tenant à la fois à l’analyse radicale de la langue et à l’interprétation des images dans un registre strictement fixé au départ. Ce registre est celui de la Pensée créatrice, de sa formation, de son libre jeu dans l’univers dont elle s’empare. Jamais cette logique de lecture n’a été abandonnée.
Chaque analyse, verset par verset, se compose ainsi d’une traduction française aussi proche que possible de l’hébreu et respectant surtout la règle d’une équivalence terme à terme ; d’un développement qui consiste en une transposition systématique (et toujours terme à terme) du symbole à la réalité désignée ; d’un commentaire enfin sur les lectures et transpositions effectuées. Le choix des termes français traduisant les termes hébreux s’est opéré en tenant compte de l’exégèse traditionnelle autant que de leur forte résonnance symbolique, variant assez peu sur ce point des traductions courantes. C’est essentiellement sur leurs transpositions en langue « métaphysique » la plus élémentaire possible et la plus accessible à tous, que s’est porté notre effort, ainsi que sur leur coordination en vue d’un langage à double, voire à triple sens, toujours latent et que soupçonne tout lecteur averti. De quoi l’Arbre, le Jardin, le Serpent sont-ils les emblêmes ? De quoi traite la Genèse, sinon de notre genèse ? Un lexique, à la fin de l’ouvrage, définit les principaux termes employés.
Pour appuyer ce travail, trois sources essentielles ont été utilisées : l’œuvre de Fabre d’Olivet sur la Langue hébraïque restituée, les commentaires du Zohar, l’exégèse chrétienne traditionnelle et moderne. La précieuse traduction de la Bible d’André Chouraqui, dans sa manière résolument archaïque et fidèle au texte hébreu, n’a fait que confirmer l’intérêt de reconsidérer chaque chose dans sa formulation d’origine.