Le sable de l'arène

Le sable de l'arène

 

 

Composées à la manière d'un triptyque, trois nouvelles s'enchaînent pour raconter la difficile percée d'âmes libres dans un univers en proie au doute et à la sclérose:

Valère l'Apostat, dans ses amours avec Justine, se heurte aux limites du monde;
Scènes de Cirque s'ouvre sur la mythique arène et ses enjeux cruels;
La Vestale, dans sa fuite impossible, referme le tableau des mensonges humains.

 


Editions Régine Deforges ; Paris, 1989
ISBN 2-905538-41-4
230 pages
En neuf ou occasion, à partir de 4 €
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Articles de presse :

Sable fin...
A première vue, Le Sable de l’Arène est au-dessus de tout soupçon : la fiction du roman, scindé en trois parties, a pour décor et origine les temps lointains de notre ère où le christianisme était un culte privé parmi d’autres, dont les adeptes étaient un vrai régal pour les fauves et les citoyens amateurs de combats douteux. Jusqu’ici rien de suspect.
Mais au fil de la lecture, le «spectateur» se prend à réfléchir, c’est-à-dire à affiner sa vision, par pressentiment, pour y voir plus clair que ce qui est écrit. Alors le mécanisme de construction romanesque apparaît peu à peu et la palette de Dominique Viseux devient d’une finesse surprenante, toute en nuances. D’abord, il y a le titre où se glisse une synecdoque, figure de style désignant la partie pour le tout, le sable de l’arène, poudre minérale renvoyant aux jeux du cirque et à un quotidien barbare. Cette tendance à la suggestion se greffe sur l’oscillation du ton de ces saynètes, badines ou graves, et accuse un sentiment de dérision qui injecte dans la fiction une sorte de conscience. Le lecteur comprend qu’il est dans une histoire où, sous le sable de l’arène, l’auteur s’est accordé une plage de liberté. Dominique Viseux croque en effet ses personnages par un trait simple, empruntant à la manière du dessin humoristique. Ce trait sans fioritures qui va à l’essentiel révèle l’intention de faire un drôle d’effet de perspective. A l’arrière-plan, dans un passage secret entre le dit et le suggéré, circule un air de deuxième degré et de cynisme latent, complices de cette histoire très cruelle. Une construction ludique toute en sable fin, pour qui a l’oeil sensible.

Nathalie BATTUS – Le Magazine Littéraire


C’est aux premiers chrétiens, dans une tonalité particulière, que Dominique Viseux dédie Le Sable de l’Arène. Ici, aucune référence d’historien, aucun débat ; les chefs politiques n’apparaissent pas ; le Christ ne sera jamais nommé et on ne méditera pas sur grandeur et décadence.
On retient de ce roman sa réelle valeur littéraire, sa densité humaine et un climat spirituel étrange : foi et désarroi total, enthousiasme des convertis et hostilité du milieu ; la gloire et l’échec, la conversion et la tentation de compromis avec les règles de l’ordre païen. L’auteur fait subir à ses héros une analyse voisine de la psychanalyse.
La nouvelle religion est représentée par Valère, un chrétien influent, évêque qui convertit une prostituée et la prend pour femme ; Valentin, plus proche du chef de secte que d’un notable de l’Eglise, est un être transporté par une foi exaltée, vaguement panthéiste, avant de connaître le doute lorsque ses fidèles sont livrés aux atrocités du cirque sans que Dieu intervienne pour y mettre fin. Il y a aussi la jeune Lucia qui aurait pu devenir vestale et qui se fera chrétienne, une vierge qu’on a poussée au mariage. Tous vivent dans un mysticité illuminée, sacrifiée, qu’on dirait errante. L’auteur a choisi les voies périlleuses : entrer dans l’intimité religieuse et les obscurités des sens.

L.G. – La Croix, l’Évènement