L’œuf de Colomb

L'Oeuf de ColombLe vendredi 12 octobre 1492, à deux heures du matin, l’Amérique découvrait Christophe Colomb.
Trois mois plus tard, l’île des Taïnos nommée Haïti recevait avec tous les honneurs dus aux grands messagers du ciel le très magnifique seigneur don Cristóbal Cólon, amiral de la mer Océane, vice-roi et gouverneur perpétuel des Indes.
Trente ans après cette rencontre entre l’histoire et l’éternité, le peuple des Taïnos disparaissait de la surface du monde connu.

Qui étaient donc ces hommes si puissants, venus du fond de l’océan ?
Ils avaient le teint blanc, avec des poils sur le visage. Ils portaient des vêtements, des bannières et des croix. Ils avaient la voix rauque, le regard enfoncé, l’œil aux aguets, la main hardie. Ils n’avaient pas de femmes ni d’enfants. Des coutumes étranges les incitaient à prendre sans jamais donner, à décréter sans jamais écouter, à interdire ce qu’ils se permettaient. Ils se cachaient le corps derrière des vêtements ; et ils se cachaient l’âme derrière des bannières et des croix.
Ils vénéraient un dieu.
L’or.
C’était assurément un peuple étonnant.


Editions Pardès ; Paris, 1990
ISBN 2-86714-091-9
303 pages
En neuf ou occasion, à partir de 18 €
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Article de presse :

La (re)découverte de l’Amérique par Christophe Colomb s’annonce comme un De Profundis au fil des pages de Dominique Viseux. Son roman L’Œuf de Colomb assassine le grand amiral de la mer océane et remet les boussoles de la découverte dans un tout autre sens. En effet, qui a découvert qui ? L’homme à la recherche de l’or ou bien ces Taïnos de Haïti tout heureux, provisoirement, de l’arrivée des dieux qui volaient sur l’eau ? Alors, tragique, l’histoire de l’élargissement du monde commence sur un malentendu, continue par l’obscurité et se termine dans l’oubli. Héritiers de la tradition chrétienne et occidentale, on ne sort pas indemne de cette lecture et seules les vagues roulant sur les plages caraïbes savent quelle injustice et quelle confusion fêtèrent les hommes de 1992, cinq cents ans après la mort d’un peuple.

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