La voie ardente

La voie ardente

 

 

Pandore vient d'entrer au monastère d'Atmos. Chaque semaine, elle doit accompagner son confesseur dans la montagne. Mais ce qui devait être un cheminement spirituel devient la Voie ardente, la lente et douloureuse montée vers le désir, la cruauté et l'amour.

 

 

Editions Régine Deforges ; Paris, 1987
Prix de la Fondation Apple pour le Livre, 1987
ISBN 2-905538-20-1
248 pages
Edition épuisée. Une version pdf est disponible en téléchargement (10€).
Télécharger "La voie ardente" en pdf

 


Articles de presse :

Une superbe aventure intérieure qui mène à la connaissance de la liberté et de l’acceptation totale de soi dans le monde.
Un style très pur, classique, sans fioriture aucune, sans lequel le texte lui-même n’aurait pas cette force et cette puissance à laquelle on est très vite accroché. Progression douloureuse jusqu’à l’essentiel par le chemin de l’exaltation du désir et du renoncement. Dépassement, par paliers, de tout ce qui ligote, avec des heures d’incertitude, de doute, de découragement, mais aussi des avancées brutales, des éclairs de bonheur, des flamboyances de toute l’âme. La route sera aussi aride que les pierres de la Grèce chauffées en plein midi, aussi démesurée que l’ombre des monastères plantés en haut de pics à plusieurs heures de marche de toute habitation, aussi extraordinaire que les couchers du soleil dans la mer. Elle monte tout droit, ainsi qu’un cri d’amour.
Pandore, une jeune religieuse, a demandé à faire partie de cette communauté de femmes des Terres Rouges à laquelle on n’accède que par bateau, où elle pense pouvoir travailler en paix à une réflexion théologique déjà entamée sur le continent. Très vite, son confesseur, Maître Jean, va déceler en elle une de ces âmes capables d’aller au bout du chemin de la réflexion et de la pensée. Il entreprend de casser en elle toute défense pour lui permettre d’accéder à la vérité. Epreuves physiques, de longues heures de marche d’un monastère à l’autre, sans boire, sans manger, sans parler ; épreuves morales, celles de l’humiliation d’une confession poussée à l’extrême limite des possibilités humaines. Les barrières tombent les unes après les autres, jusqu’à l’ultime, jusqu’à la mort. On vit charnellement cet absolu, on souffre avec Pandore, on crie sous les incompréhensibles rebuffades infligées par ce confesseur énigmatique, on hurle, on avance, pourtant. Il y a des passages qu’on relit comme une prière, dont on scande les marches et les versets au rythme des respirations, des voiles, de la fresque du monastère que Pandore restaure et détruit en même temps qu’elle-même, dans une exaltation vibrante, sans relâche, tendue vers cette vérité qu’elle cerne peu à peu, au fur et à mesure que les ombres se dissipent.
On s’arrache le cœur et les tripes au fil des pages, à la lecture, on s’arrache les mots de la bouche pour parler du livre. Plongez-y vous aussi, vous n’en sortirez pas indemne. Quel métier a cet auteur dont c’est seulement le premier roman !

LA BERTRANGE – Les Nouvelles du Val-de-Marne

Et la nonne aima le brigand...
Voici un premier roman de très grande qualité, irréprochable, sans l’ombre d’une maladresse ni d’une faiblesse. L’auteur, Dominique Viseux, est professeur d’arts plastiques. Son roman, « la Voie ardente », a le mérite d’offrir à la fois un vrai sujet, et une réflexion spirituelle parfaitement intégrée à l’histoire ; l’analyse intellectuelle ne pèse en effet jamais sur ce qui est raconté. « La Voie ardente » est le récit d’une rencontre entre deux êtres, une histoire d’amour singulière, dont la lente progression est de l’ordre de l’initiation aux mystères sacrés de l’âme et du corps.
Pandore - “celle qui donne tout” -  fille intelligente et cultivée, entre au monastère des Chutes dans la presqu’île d’Atmos, renonçant à la vie du monde, du continent, pour épouser celle de la foi et de la communauté du monastère. Erudite, elle s’occupe de travaux dignes de sa science : la traduction de manuscrits anciens, et la restauration de fresques. Fraîchement projetée dans un univers d’austérité, elle est toujours hantée par des images et des rêves dont la sensualité accable sa soif d’absolu. Lors de sa première rencontre avec son confesseur, Maître Jean, elle s’étonne d’être interrogée avec tant d’intuition sur cette part obscure, charnelle, qu’elle souhaite enfouir au plus profond d’elle-même. Puis, le Maître l’invite à le suivre dans la montagne, où se sceIlera un pacte secret, terrible, entre Pandore et lui.
En réalité, il ne faut point se méprendre sur les intentions du roman. Dominique Viseux n’a pas écrit un simple récit, érotique et choquant, relatant les amours de deux religieux. La vérité du livre est bien plus forte, bien plus subtile. Entre les deux personnages se joue une admirable confrontation spirituelle, nourrie de dialogues intelligents et percutants. Le propos philosophique du confesseur est, en somme, de délivrer Pandore du mal par le mal. Aristotélicien, il n’affranchit pas l’esprit par le mépris du corps. La finesse du rituel à la fois sensuel et cérébral qui s’accomplit, rappelle le climat de certains romans érotiques japonais.
En outre, la qualité de l’ouvrage est soutenue par une langue claire et rigoureuse. Il faut saluer une telle réussite : « La Voie ardente » est un livre rare, dont on ne saurait mieux estimer la valeur qu’en le découvrant.

Nicolas BREHAL –  Le Quotidien de Paris