Silences voyageurs

Recueil de 102 poèmes écrits par Marianne Fontalirand Camprasse, illustrés de 19 planches graphiques réalisées par Dominique Viseux.

Genre Littéraire :
Poésie
Éditeur :
Les Éditions du Net 
https://www.leseditionsdunet.com

Parution : 2014
ISBN : 978-2-312-02722-7
Format : 15 x 23 cm
Nombre de pages : 142

Version papier : 12 €
Version PDF : 8,40 €

Extrait : Premières pages...

1. Dernier voyage.

J’ai vu les eaux limpides, j’ai vu les soleils noirs, j’ai vu les pyramides, j’ai vu les désespoirs.

J’ai connu le parfum de jasmins improbables, la senteur des épices, la force des possibles, beauté ébouriffée des églises à retables chantant sans un regret des prières indicibles.

J’ai respiré parfois, aux frontières inconnues, des rumeurs de tendresse glissant sur ma peau nue.

J’ai goûté sans savoir les charmes de la nuit et les crimes sensuels qui demeurent impunis.

J’ai caressé d’un doigt léger le chèvrefeuille en fleurs et séduit bien des hommes pour conjurer mes peurs.

J’ai porté, sans fatigue, de la vie les bagages… mais je suis sans défense pour le dernier voyage.

 

2. Partance.

Les nuages passants enveloppent la lune,                                       

A l’horizon, la dune recompte ses diamants,                                 

La pointe d’un clocher disparu dans les brumes,                          

Au lointain, la colline s’allume en feux ardents.

 

Les grands arbres penchés dessinent dans le soir                            

Des squelettes d’espoir aux cœurs effilochés                                

Et la nuit qui se noie rien qu’à broyer du noir                           

M’interdit sans savoir le rêve de rêver.

 

Je suis là, bras ballants, au silence imbécile,                               

Les yeux écarquillés comme ceux des enfants                         

L’âme perdue aux pleurs de ces morts inutiles                            

Errantes dans l’espace, suspendues dans le temps

 

Tout à coup, en plein ciel, c’est un long trait d’argent               

Cicatrice immobile, déchirure sans cri                                         

Qui me dit la partance aux rythmes endiablants                              

Vers des îles languides que jamais je ne vis

 

Je ferai le voyage, un de ces jours pendus,                                    

Le sommeil, sans bagage, me prendra par la main.                         

Il est tard, mon ami, je ne vous entends plus,                              

J’aurai tout oublié d’ici demain matin.

 

Alors, dans le grand clair, dans le soleil levant                               

Il y aura la dune, recomptant ses diamants,                                           

La pointe du clocher disparu en prière                                           

Et la colline, au loin, habillée de lumière…